Paréidolie – suite

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Nocturnes , intérieurs, contrastes.

Février 2026.

Je continue la recherche de formes, de cadrages et de matières picturales pour ma série « Paréidolie » et ses contrastes forts.

J’ai abandonné (pour le moment), l’huile et le médium à la cire froide à l’aspect satiné. Je fouille, à présent, du côté de l’acrylique brillante comme des vitraux et j’y trouve de la satisfaction.

Je m’inspire des clairs obscurs, des intérieurs nocturnes éclairés par les lampadaires de la rue. Souvent, j’imagine des nuits d’émeutes urbaines, sans être gênée par la perspective de la violence. Je perçois aussi des maisons incendiées, des salons en feu, des cuisines de restos asiats, de kebabs et autres lieux ouverts la nuit, loin du chic des étoilés.

La force du dramatique sous-tend ces travaux et donne vie aux images.

Je peux rester dans l’abstrait. Ou, parfois, laisser vivre le semi-abstrait, en me référant aux paréidolies qui surgissent.

Ma palette est simple et forte, paradoxalement composée uniquement de couleurs transparentes : oxyde de fer jaune transparent, jaune de nickel azo, le nickels azo or de quinacridone (mon préféré), oxyde de fer rouge transparent, orange brûlé de quinacridone, l’extraordinaire or vert, vert de vessie, brun Van Dyke et du noir de carbone systématiquement coupé de médium acrylique fluide pour le rendre transparent. Ces couleurs sont brillantes. Je préfère finalement cet aspect à la matité car elle apporte une profondeur incomparable aux tons, ressemblant alors à de la peinture à l’huile. D’ailleurs, j’ai commencé à appliquer du vernis brillant sur mes précédentes huiles au CWM.

Je travaille sur toile ou papier, animant les surfaces avec des gels de texture. Sur ces fonds, j’applique mes couleurs en partant du plus clair et en montant les ombres, comme à l’aquarelle dont je m’inspire beaucoup. Il m’arrive même de « lever les blancs », et de retrouver la blancheur du support, ainsi qu’à l’aquarelle.

Comme outils, j’utilise surtout des spatules, des cartes bancaires, différents racloirs. Je malmène et enlève de la couleur, révélant les aspérités du fond. Les brosses plates me permettent de flouter certaines zones et de les faire « reculer » visuellement. Des coulures peuvent structurer les surfaces, redonner de la profondeur ou de la proximité. Je joue sans cesse avec les plans : avant/arrière.

Je chemine ainsi, cherchant à me régaler les yeux et l’esprit, à me proposer à moi-même des sujets qui m’enthousiasment, dans cet effet saisissant du chiaroscuro.

En photos, des pièces en cours.

la série des Paréidolies. Scènes nocturnes, urbaines, d'intérieurs ou d'extérieurs. Acrylique ou huile à la cire froide sur papier ou toile.