Pas à pas : “Les hautes herbes”, acrylique sur toile, 90X90

052redim IMG_3860redim IMG_3889redim IMG_5664redim IMG_5688redim IMG_5690redim IMG_5698redim IMG_5704redim IMG_5706redim IMG_5734redim les hautes herbes, acrylique sur toile, 90X90 redimJ’ai fixé sommairement une toile de grain moyen, polyester/coton, de format 90X90 sur une planche.
Premier jet aux crayons aquarellables, histoire de remplir cette surface blanche toujours intimidante.
J’ai une idée de grandes fleurs jaunes parmi des feuillages.
Je compte sur mon imagination 🙂

 

 

 

Avec une brosse plate en soies de porc, j’ajoute de l’eau aux crayons. Avec ces crayons, on peut conserver les tracés, il suffit de doser le frottage à l’eau.  Je laisse sécher car la toile est entièrement mouillée.

 

 

Maintenant, je remouille la toile par endroits et j’ajoute des encres acryliques : vert olive, jaune citron et jaune azo. Elles fusent comme des aquarelles mais seront permanentes et vont fixer le crayon sous-jacent.
Je fais des retraits d’encre à l’eau claire et je modèle des feuillages.
J’ai rempli toute la toile et là… c’est l’impasse… 🙁
Je laisse cette toile “en punition”, retournée dans un coin pendant plusieurs mois…

… jusqu’à ce que je me procure des marqueurs acryliques. Soudain, mon geste se libère, mon imagination cavale et je reprends cette toile abandonnée que je m’apprêtais à gessoter ! Je dessine avec les marqueurs, j’ose du rouge, je griffonne les masses, je modifie des fleurs, en supprime d’autres.J’essaie d’animer la composition, de rompre le côté figé. Je place déjà les premiers contrastes avec des ombres.

 

 

Avec les marqueurs et les acryliques, je monte des couleurs, rajoute des feuillages.
Pour l’instant, ce sont des demi-ton.

 

 

 

 

Je rajoute des pourpres, je m’amuse à donner des reflets réalistes à certaines feuilles.
Il y a plus de contrastes mais l’ambiance colorée générale ne me convient pas.

 

 

 

 

A l’acrylique, je place des touches  de couleurs, directement sorties du tube, de façon aléatoire. je cherche à évoquer la profusion du feuillage. Le joyeux bordel de la nature.
Des contrastes sont apparus.

 

 

 

 

Je décide de foncer certaines zones, pour créer différents plans, affirmer des contrastes pour faire vivre certains verts acides (en haut, à gauche, par exemple).

 

 

Je tâtonne…
J’ai placé des mauves puis des bleus de cobalt, mais c’est une erreur. L’image devient froide et artificielle.
Je sens l’impasse à nouveau.
J’ai envie de laisser tomber. Ces couleurs me déplaisent…
Puis, je me pose les questions pour revenir à l’essentiel : qu’est-ce que je veux faire ? Quelle atmosphère ? Quelle ambiance colorée ?

 

 

Je voudrais retrouver des verdures acides, marquées, assumées.
Je rajoute des brindilles et des espèces de fleurs “extraterrestres” échevelées juste pour alléger, apporter du dynamisme, brouiller une lecture trop sage, incompatible avec la profusion naturelle.

 

Finalement, je supprime certains éléments, je creuse des ombres. Pour éviter que les zones plus sombres fassent des “trous”, je les anime avec des formes complètement hasardeuses, en vert de chrome pur qui, par contraste paraît absolument “naturel”. Je me sers du vert de pérylène pour les ombres et de jaune de cadmium moyen pour retrouver une lumière acide sur certaines feuilles. J’alterne des contours nets et flous, pour donner cette sensation de profondeur. Et j’arrête là 🙂